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Astrologues vs cartésiens : un débat périmé


- Moi, je suis plutôt cartésien. Entendez : « Je ne m’intéresserai pas à l’astrologie tant que ses éléments ne seront pas scientifiquement prouvés. » Les cartésiens rejettent toute idée dont il est permis de douter.


Pas question de remettre en cause le génie de Descartes. Écartant du champ de la connaissance toutes les croyances infondées, il a libéré l’esprit des dogmes religieux de son époque. Il a été, de fait, le premier philosophe des Lumières.


Mais si on admire Descartes pour sa liberté de penser et son audace intellectuelle, on ne peut pas en dire autant de ceux qui se disent aujourd’hui cartésiens, qui n’ont fait que troquer le dogme de la religion contre celui de la logique. Pour eux, point de vérité en-dehors de 2 et 2 font 4.


Les voilà donc qui se placent sur le terrain respectable de la science pour condamner les pratiques ésotériques… c’est ignorer les progrès de la science depuis le siècle de Descartes.


Dès le XVIIIème siècle, le cartésianisme montrait ses limites. Les cartésiens, comme la gravité universelle ne relevait pas vraiment de leur « bon sens », rejetaient les théories de Newton au rang des sciences « occultes ». Le combat des cartésiens contre les newtoniens a largement débordé du domaine scientifique. Il a opposé deux conceptions de l’univers et de la société elle-même. On en trouve un écho dans Voltaire qui prit (amoureusement et par un concours de circonstances) la défense du physicien anglais dans ses Éléments de la philosophie de Newton.


Et la relativité ? Et la physique quantique ? Sans aucun doute, la méthode cartésienne n’a pas permis de telles découvertes. Les équations de la physique actuelle, sitôt qu’on les traduit en mots, sonnent comme des paradoxes voire des absurdités. Elle semble même, à première vue, plus ésotérique que toutes les kabbales !


Aussi, loin de privilégier le doute comme le faisait Descartes, Einstein préfère employer l’imagination :


" L’imagination est plus importante que le savoir. Car le savoir se limite à ce qu’on sait et comprend, tandis que l’imagination embrasse l’univers entier, avec tout ce qu’il y aura jamais à en savoir et à en comprendre. "


Non, il est permis de dire que plus aucun cartésien n’affirme quoi que ce soit de sensé qui n’ait été contredit depuis des décennies par la science moderne. Écoutons les scientifiques d'aujourd'hui. Voilà par exemple ce qu’en dit Bernard d’Espagnat, l’un des plus grands physiciens de ces dernières années :


" aussi longtemps que le matérialisme a paru conciliable sans heurts avec l’expérience il était normal, pour un esprit rationnel [cartésien], d’y voir une élucidation simple et crédible du fond des choses, reléguant dans la catégorie des tentatives dépassées les constructions fragiles des religions et des philosophies. Ce qui fait que sa chute rouvre la possibilité d’accorder du crédit à ces dernières."



Wolfgang Pauli

C’est dit. La chute du cartésianisme permet aux scientifiques d’aujourd’hui de reconsidérer le dédain dans lequel ils tenaient l’enseignement spirituel.


Faut-il citer d’autres noms ? Prenons Wolfgang Pauli, l’inventeur de la physique quantique :



" Tous les penseurs cohérents en sont venus à la conclusion que la logique pure est fondamentalement incapable de construire un tel lien [Précisons : entre une hypothèse et ce qui permet de la prouver]. "



Ervin Laszlo

Exit les cartésiens. Pour Pauli, ils ne font pas partie des « penseurs cohérents ». Voire, pour Ervin Laszlo autre physicien de renom international, ils sont carrément contre-productifs :


"notre éducation scientifique et matérialiste (basée sur les calculs, les expériences, et tout ce qui est quantitatif) […] ne tient absolument pas compte de tout ce qui se cache dans le monde invisible…"


C’est toute notre éducation qu’il faudrait revoir. Nous devrions oublier la logique matérialiste et quantitative pour privilégier l’imagination et l’intuition.


Pour qui s’intéresse vraiment à la connaissance, il est aussi archaïque de se dire «cartésien » qu’il le serait de se prétendre « janséniste », « gallican » ou « semi-pélagien», courants intellectuels contemporains de Descartes et qui ont fait long feu dans l’histoire des idées.


L’intelligence a pris une nouvelle route, et il est fascinant de voir la science moderne converger résolument vers les domaines de la psychologie et de la spiritualité. Les échanges entre le physicien David Bohm et le sage oriental Krishnamurti, ou encore ceux de Pauli avec le psychologue Jung - grand adepte d’astrologie - en témoignent !


Ce n’est pas mon intention de prétendre que la science contemporaine peut fonder l’astrologie, dans le sens où elle l’étayerait par des preuves. Mais la description scientifique de l’univers se calque soudain étrangement sur ce qu’en ont dit les mystiques depuis les tout débuts de l’observation du ciel par l’homme.


Tout d’abord, elle reprend l’idée d’un «cosmos », c'est à dire une unité profonde de l’univers dont toutes les parties demeurent liées comme un seul corps. Les physiciens évoquent un « ordre caché », ou « implicite », d’où surgissent des phénomènes qui ne sont que des représentations de la réalité sus-jacente.



David Bohm

Pour David Bohm la réalité est :


« un Tout unique, sans rupture, et en perpétuel mouvement ».


D’après lui :


« Tout est relié et interconnecté dans un flux dynamique permanent, de façon holographique. C’est-à-dire que chaque partie de ce flux contient le flux tout entier.»


Nous sommes bien proches de l’antique conception du monde des premiers astrologues pour qui le microcosme est à l’image du macrocosme !




De même, pour Wofgang Pauli :


"La solution la plus satisfaisante, semble-t-il, est d'introduire à ce stade le postulat d'un ordre du cosmos qui soit distinct du monde des apparences et indépendant de notre volonté."


De même pour Bernard d’Espagnat, il existe en-deçà de tous les phénomènes constatables un « ordre caché ».


Encore une fois, si cet ordre est caché, il est inaccessible à la logique, et nos espoirs d’une « démonstration » scientifique des principes de l’astrologie ne sont pas d’actualité – et relèvent plutôt d’une conception passée des sciences. Prouver mathématiquement les dires de la sagesse serait aussi réducteur pour la sagesse que pour les mathématiques, à l’heure où nous nous ouvrons à un nouveau mode d’appréhension de l’univers.


Car s’il y a une vérité, et les physiciens n’hésitent pas à le dire, du « sens » dans l’univers, celui-ci unit la matière, l’énergie et la conscience ! L'esprit humain et toutes nos pensées sont une réalité physique qui s'inscrit dans la continuité de la création des étoiles et de leurs mouvements.


"La psyché et la matière sont régies par des principes communs, neutres, qui ne sont pas en soi identifiables." (Wolfgang Pauli)


Ainsi, la frontière entre la matière et l'esprit s'efface. Le sens, d’après Ervin Laszlo, est au cœur de la matière :


« L’une des découvertes les plus importantes de ces dernières années est que l’univers n’est pas seulement constitué de champs d’énergie, mais aussi d’informations ».


Et aussi :


« Certains scientifiques disent même que l’information est plus importante que l’énergie. La réalité c’est que l’on peut désormais parler d’un champ énergétique informationnel, ou champ énergétique virtuel duquel surgissent toutes choses. »


Plus loin :


« L’information relie tout ce qui existe dans l’univers, des atomes aux galaxies, des organismes aux esprits. Cette découverte transforme l’idée d’un monde fragmenté, qui est celle que présente la science dominante, en une vision du monde intégrale, holistique. »


Et il crée le concept de champs akashiques, terme emprunté à la sagesse védique, et qui relient dans une seule continuité les galaxies, les atomes, et nos esprits.



Chacun de nous est une image de l’univers. Tant de sagesses l’ont exprimé avant la physique moderne. L’homme est à l’image de Dieu. Pas seulement l’homme : chaque atome. Le corollaire, c’est que chacun de nous a le pouvoir de changer l’univers. Ce qui nous rappelle la fameuse citation de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». Dans une conception holographique de l’univers, cette devise devient scientifiquement pertinente ! En modifiant nos consciences, nous modifions l’univers.


Nous avons parlé d’une appréhension de la réalité par l’imagination et l’intuition. Laszlo va plus loin :


"Toute information peut traverser la distance et le temps en quelques instants, il suffit de s’ouvrir et de laisser l’information entrer. Mais pour cela, un certain état de conscience est nécessaire. Il y a différentes techniques : la méditation en est une."


Oui, celui qui s’exprime dans ces lignes a consacré son existence aux équations scientifiques. C’est bien lui, et non un moine tibétain, qui fait ici l’éloge de la méditation.


Quel chemin parcouru depuis le siècle des Lumières ! Le vrai progrès de l’intelligence ne dément pas les idées du passé, il les approfondit et les refonde sans cesse. La physique actuelle, comme celle du temps de Descartes et Voltaire, invite à davantage de conscience et d’humanisme. On peut tout espérer d’une époque où la science et la sagesse convergent enfin (et pour la première fois depuis des siècles) l’une vers l’autre. On se souvient de Rabelais se plaignant en son temps que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».


Non, le véritable obstacle au progrès humain, c’est le réactionnisme. Et sans aucun doute, le cartésianisme est devenu une posture réactionnaire. Pour comprendre le monde actuel, nous avons besoin d’être plus intelligents, de ne plus nous contenter du cerveau gauche et de laisser parler notre sensibilité et notre imagination, qui est elle-même à l’image de l’être.


Les astrologues se tromperaient en voulant crédibiliser leur pratique en lui donnant les contours d’une science « logique ». Ils tomberaient eux-mêmes dans le piège du cartésianisme ! Quand la science elle-même abandonne le champ de la logique pure, l’astrologie se ridiculiserait en prétendant à son tour « définir », « expliquer », « prédire», « prouver ». Sur ce terrain, les erreurs seront nombreuses. Il est trop séduisant de tout réduire à un système intellectuel clos sur lui-même, trouvant en soi sa propre justification. Denis Labouré, astrologue de renom, a sans doute raison de dénoncer dans la pratique de l’astrologie « des explications qui n’en sont pas », des analogies simplistes réduisant la roue des 12 maisons à un jeu de l’oie du développement personnel. Et Gérard Miller a raison également d’avertir sur la fausse autorité des astrologues quand ils prétendent vous dire qui vous êtes !


L’astrologie s’est parfois embourbée dans un jargon scientifique qui n’est pas le sien, manipulant du bout des doigts des concepts qu’elle ne peut tout à fait avaler. Elle ne peut pas dire qui vous êtes. Ni ce qui vous arrivera. Elle ne peut pas prédire l’histoire. Et elle ne sera jamais une science car elle ne peut rien déduire de ses concepts. Elle est symbolique, et son intérêt réside dans la lecture des symboles. Le métier d’astrologue est de les interpréter correctement. Ce faisant, l’astrologie ouvre la conscience à une appréhension plus riche de la réalité, celle-là même dans laquelle toutes les informations sont reliées, où toute manifestation cache un sens plus profond. Elle enrichit notre compréhension. Elle approfondit notre connaissance du monde et de nous-même. Pas logiquement, mais intuitivement.



L’astrologie est un art. En tant que tel, elle a ses lettres de noblesse. Son approche du monde est redécouverte par la physique moderne. Il est bien dommage que le fossé entre la science et la spiritualité subsiste dans tant de consciences aujourd’hui : cela ne durera probablement pas, car nous vivons une période de grands bouleversements, y compris intellectuels.


Ce qui en revanche n'a pas changé, c'est que les logiciens, les sceptiques et les Saint-Thomas de tous bords auront toujours dans leur quête de la vérité un bon train de retard sur les sages et les poètes.


Sources :


Fanchon Pradalier-Roy, Pour Comprendre l’Astrologie, Éditions du Rocher, 2002

Denis Labouré, Les Origines de l’astrologie, Éditions du Rocher, 1997

Alain Nègre, « Science et astrologie : une approche transdisciplinaire » : http://cura.free.fr/quinq/01negre.html

Interview de Bernard d’Espagnat :

http://www.mondedesgrandesecoles.fr/bernard-despagnat-de-la-physique-a-la-metaphysique/

Sur les champs akashiques :

http://www.elishean.fr/champ-cosmique-ou-champ-akashique/

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